Abéché

Pas d’extravagance pour Abéché. La capitale de l’Ouaddaï est une étape de transhumance pour les éleveurs, un centre de commerce dans l’Est du Tchad et un point de rencontre de la civilisation arabo-musulmane de l’Afrique du Nord.

Histoire de Abéché

Le sultan Muhammad al-Sharif fonda Abéché au cours de la seconde moitié du XIXe siècle pour remplacer Ouara, accablée par la sécheresse, au rôle de capitale des Abbassides et du royaume du Ouaddaï. La ville constituait un bastion sur la route de la traite des esclaves arabes.

En 1909, l’armée française conquit Abéché et obligea le sultan à abandonner le pouvoir. Abéché représentait à l’époque la plus grande population du Tchad, avant que les épidémies ne s’abattent sur elle. En 1935, le gouvernement français déclara la restauration du sultanat, avec à sa tête Muhammad Urada.

Lors de la première guerre civile tchadienne dans les années 60-70, Abéché fut une tête de pont de la rébellion sur la route de la capitale tchadienne N’Djamena. Goukouni Oueddeï, Hissène Habré et Idriss Deby y passèrent successivement. Plus tard le 25 novembre 2006, l’Union des Forces pour la Démocratie, formée dans le but de renverser le président Idriss Deby, s’empara de la ville. Au même moment, un autre mouvement rebelle, le Rassemblement des Forces démocratiques conquit la cité voisine de Biltine. Mais il ne fallut pas attendre longtemps, seulement un jour, pour que l’armée tchadienne ne les reprenne.

Abéché dans la littérature française

« Les heures d’Abéché », un roman autobiographique écrit par Paul Fabre, a remporté le Grand Prix de la littérature coloniale en 1936. L’histoire dépeint la vie d’un jeune professeur français affecté à Abéché. Avant cela, dans son roman « La Randonnée », l’écrivain relate le long voyage vers la cité. Les souvenirs du séjour de Paul Fabre au Tchad sont soigneusement conservés au Musée Matheysin dans la ville de La Mure, en Isère.

Abéché aujourd’hui

Bienvenue à Abéché, deuxième ville principale du Tchad. La cité se trouve à environ 900 km de N’Djamena, dans la région montagneuse du Ouaddaï dont elle constitue la capitale. C’est un pôle de commerce qui tire paisiblement profit du trafic routier vers la Libye dans le Nord du pays et en direction de l’Est vers le Soudan. La gamme de produits est bien large, allant du sel aux peaux de bêtes, en passant par les dattes, l’indigo et la gomme arabique. Mais c’est surtout son marché du bétail qui fait la réputation d’Abéché. Les bovins et les ovins sont au centre des activités d’élevage au sein de la ville qui dispose également d’une usine de conditionnement de la viande. Au-delà de leur finalité commerciale, la maroquinerie, la tannerie et le tissage des tapis attestent d’autre part des traditions artisanales préservées à Abéché. Les organisations humanitaires installées dans la région contribuent activement au renforcement de ces secteurs, tout en assistant les réfugiés soudanais fuyant la guerre civile au Darfour.

Abéché, la ville aux minarets

La culture arabo-islamique s’est répandue à Abéché qui est à la fois proche de l’Afrique du Nord et ouverte sur l’Orient. De nombreuses mosquées ont vu le jour au sein de la cité, dont les plus importantes sont la grande mosquée d’Al Atikh, la mosquée Darasalam et celle de l’Université. Mais avec l’arrivée progressive de la culture occidentale, l’image musulmane de la ville s’est atténuée. Abéché compte aujourd’hui un bon nombre d’églises, de grands restaurants, des banques, des bars, etc. Le grand marché quant à lui préserve son parfum oriental dans le centre-ville. Dans sa partie couverte, les marchands de pagnes sont très prisés par les femmes tchadiennes, à côté des vendeuses d’épices et de PPN. Du côté du ouadi asséché, l’ambiance est bien différente, moins conventionnelle. C’est le territoire des bouchers, des commerçants de légumes et des vendeuses ambulantes. C’est aussi le quartier des forgerons. Les produits alimentaires, y compris la viande et les légumes, coûtent moins cher à Abéché qu’à N’Djamena.

Les ruines d’Ouara

À une soixantaine de kilomètres au nord-ouest d’Abéché, découvrez les ruines de l’ancienne capitale du royaume abbasside : Ouara. Les vestiges du palais du sultan Abdel-Kerim Ibn Djamé sont les seuls éléments qui restent de cette cité. Le bâtiment en briques cuites, dont la conception a été réalisée par un architecte égyptien au XVIe siècle, s’entoure d’une vieille enceinte murale de 325 m de diamètre environ. Le site comprend la résidence du sultan, une tour de guet, les loges des épouses princières et celles des concubines, une salle d’audience, etc. À l’extérieur de la grande enceinte, vous trouverez une mosquée également faite en briques cuites. Les ruines d’Ouara sont classées au Patrimoine mondial de l’UNESCO.

Climat

Abéché traverse une saison pluvieuse peu marquée, lourde et chaude, de juillet à septembre, avec un pic de précipitations relativement faible vers la mi-août – le taux moyen annuel est estimé à 400 mm. Le reste de l’année, c’est la saison sèche, effleurant la canicule et apportant beaucoup de vents. La température peut atteindre les 40 °C durant les mois les plus chauds. Sur l’année, la ville enregistre une température moyenne de 29 °C.

Le meilleur moment pour voyager à Abéché est la période entre fin septembre et mi-mars.

Comment s’y rendre ?

L’axe Nord-Ouest au Tchad dessert les principales destinations du Centre, de l’Est et du Sud-Est du pays. Sur les 900 km qui distancent Abéché et la capitale N’Djamena, 700 km de route sont bitumés. Le voyage en voiture dure à peu près 10 heures, ce qui offre un temps de repos aux passagers lors de leur circuit au Tchad.

Abéché dispose d’un aéroport exploitant des vols domestiques à destination de N’Djamena.

Comment se déplacer ?

Les transports sont limités dans la ville. Les options les plus conventionnelles pour se déplacer à Abéché sont le taximoto et les rackchas. Les nouvelles voies goudronnées sont jonchées par ces véhicules à trois roues. À l’écart des allées principales, les rues se resserrent, revenant à de simples dédales de terres poussiéreuses et étroites.

Que faire à Abéché ?

  • Découvrir les techniques artisanales pour la fabrication de tapis
  • S’acheter un pagne au marché d’Abéché
  • Visiter les mosquées
  • Explorer les ruines d’Ouara, etc.
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